25 juin. Changement de bord. Montpelier avec un L.
Ça fait déjà un moment j’avais décidé d’aller à New York cette semaine. J’ai changé d’avis samedi dernier. Je ressens un grand besoin de verdure, de routes qui traversent la forêt avec leurs belles lignes jaunes, de petit patelins où tout le monde sourit, de tête-à-tête avec mes mots et une part de gâteau dans un micro café ensoleillé. Ca fait aussi bien lontemps que je n'ai pas rencontré de gens étranges et rigolos au marché fermier qui me voient comme une créature exotique from Europe. Ahhhh, un peu d’improvisation ne me ferait pas de mal.
J’ai envie de Californie, avouons-le bien. C’est bientôt la saison du pèlerinage annuel sur la côte Ouest et ça chatouille mais depuis Montréal il y a bien d’autres options à explorer. La Gaspésie, la Nouvelle Angleterre, leurs homards par exemple. Oublions pour un temps mes sentiers trop battus. Enfin pas tant que ça parce que beaucoup décrivent un des voisins du Québec, le Vermont, comme la Californie de la côte Est, tout du moins dans l’esprit.
J’ai commencé par chercher des hôtes sur Couchsurfing. Il faut croire qu’ils sont tous naturopathes, activistes environnementaux, apiculteurs, infirmiers ou grands voyageurs, quand ce n’est pas tout cela en même temps. Bien. Ensuite, mon site de référence sur le stop m’annonce que le Vermont est la Mecque des autostoppeurs. Parfait. Enfin, j’apprends que la capitale Montpelier comptait moins de 8 000 habitants au dernier recensement de 2010. Pif paf pouf, c’est parti pour le pays des petites montagnes vertes, des rivières et des hippies.
18°C dans le bus, 35 dehors avec un temps collant et humide. Premier arrêt à la frontière : pas le temps de niaiser, trois questions, merci, au revoir, ça change des mines soupçonneuses et interrogations interminables sur les « amis » qui m’hébergent, et d’où je les connais, et pourquoi je vais les voir, et blablabla.
Wikipedia ne mentait pas. Montpelier c'est vraiment rikiki, le centre-ville tient en 3 ou 4 blocs. Les panneaux d'affichage en liège à l'entrée des commerces sont saturés d'annonces pour des cours de yoga et des séances de reikki. Demain promis, je prends des photos de la ferme où je m'abrite de la pluie tiède, du dôme doré du Capitole et de tout ce vert qui fait du bien aux yeux.