19 juillet. Moustiques, cerfs, touristes, orage, mais pas encore d'ours
Alysha offre de nous déposer sur l’autoroute transcanadienne pour partir en stop vers Banff. On est un peu surpris quand elle s’arrête non pas à une voie d’accès mais directement sur la bande d’arrêt d’urgence et nous annonce fièrement que ça devrait être un bon spot. Les sacs sont à peine déposés sur le bord de la route et le marqueur sorti pour écrire un panneau, qu' un van Westfalia s’est déjà arrêté !
Mark, notre chauffeur, a vécu en Indonésie et Australie plusieurs années, descendu la Highway 1 californienne en moto et parcouru la Great Ocean Road australienne dans un minivan VW de 1975. Il admet qu'il ne pouvait que s'arrêter. Entre deux anectdotes, il estime qu'on "perd quelques Allemands tous les ans », ceux qui n’ont pas compris quand dans une région regorgeant d’ours noirs et grizzlis on ne dort pas avec ses saucisses dans sa tente. Il nous dépose directement devant la porte de Kelsey qui nous hébergera sur place. 1h15 de trajet, on n'aurait pas fait mieux en bus.
Banff ressemble pas mal à Whistler en Colombie Britannique : station touristique pleine de riches touristes et de backpackers de tous poils. Le temps que notre donzelle nous rejoigne, les moustiques ont déjà entammé leur festin. Les cerfs ne se privent pas non plus pour se rassasier directement dans les pots de fleurs de la ville.
Kelsey travaille en soirée comme électricienne au Banff Center. C’est un genre de campus pour étudiants en arts visuels et musique et un centre de conférence / théâtre à flanc de montagne. Les musiciens peuvent réserver un créneau horaire dans l’une des petites cabanes parsemées entre les arbres et pratiquer tranquillement, à l'abri des regards et en pleine nature. La nuit tombée, on marche d’une cabane à l’autre pour écouter violons, trompettes et accordéons solitaires en finissant de nourrir les moustiques. Enfin moi (une vingtaine de piqûres), Michiel en sort presque indemne.
Le lendemain, il est temps de tester notre état de forme sur un petit chemin « facile », le Tunnel Mountain trail. Hmmm. "Même mes parents ont marché jusqu'en haut" nous dit Kelsey. Ca monte, je transpire, ça monte encore, pouls à 140, joues rouges, on y arrive.
Kelsey a proposé de camper ensemble cette nuit. Elle a réservé un emplacement dans un grand camping à vingt minutes du centre-ville et pris un permis pour faire un feu de camp. Après avoir réglé au guichet, il commence déjà à pleuvoir et le bus vient tout juste de passer. Je décide de demander à des conducteurs de nous embarquer, sous les yeux médusés de Kelsey qui n'envisageait pas cette option. Quelqu'un accepte de nous faire monter à l’arrière de son pick-up pour redescendre en ville prendre nos affaires à condition qu'on s’allonge pour se cacher, vu que c'est illégal. Têtes et omoplates tapent contre la tôle dans jus de pluie et de terre, mais pas suffisement pour nous empêcher d'apprécier l'expérience.
Finalement, on campera à deux sous la pluie battante et les éclairs puisqu’une coupure de courant générale a retenu Kelsey au travail jusqu’à 3h du matin. Notre feu à tout de même survécu au déluge mais on apprendra plus tard que des coulées de boues ont stoppé la circulation à plusieurs points dans la région sur l’autoroute transcanadienne.
Bilan de la journée – nuit : on peut faire un sentier de randonnée facile en se faisant doubler par des mamies, la tente est imperméable, 7 piqûres de moustique sur la main droite, trois sur la main gauche, 3 sur le visage malgré le spray. Le reste était couvert. Michiel : 0 bien sûr.
Demain, direction Glacier National Park pour une nouvelle nuit de camping ou autre surprise...