6 - 7 août. Port Townsend. Tandem et expressos.

Publié le par pong.over-blog.org

5 voitures et plus de 4 heures pour faire les 80Km séparant Port Angeles de Port Townsend, c'est toute une aventure. Pas tout à fait comparable aux histoires de l'un de nos conducteurs qui nous raconte son arrestation au Texas dans les années 70. Une semaine dans l'une des cellules du sheriff local, ça ne plaisantait pas avec les petits malins qui faisaient du stop malgré l'interdiction. En bonus, il s'est fait raser les cheveux bien sûr. Lui comme beaucoup d'autres regrettent le bon vieux temps et les allers-retours entre New York et San Francisco avec un vieux sac et une paire de jeans râpeux.

 

Avec un bus qui passe 2 heures et demie plus tard on n'a de toute façon rien d'autre à faire... Coincés à l'arrêt, on remarque une femme qui nous fait des signes de l'autre côté de la route. Tant bien que mal, elle fait de la place dans sa voiture et nous embarque pour une vingtaine de kilomètres. Elle a pris le temps de bien nous observer et de décider de nous aider parce qu'elle ne prend d'habitude jamais d'autostoppeurs. C'est bien trop risqué de se retrouver avec n'importe qui dans sa voiture. Ah. A l'arrière, j'ai les genoux dans le menton et les pieds qui reposent sur 40cm d'épaisseur de détritus, bouteilles vides et autres sédiments non-identifiés. A ma gauche, une cage contient deux affreux petits chiens puants. Michiel a plus de place à l'avant mais doit faire la conversation et écouter les caractéristiques détaillés des chiens en question, de leurs parents et grands-parents. Notre gentille sauveuse s'extasie en apprenant qu'on est "européens". Allez, un extrait pour notre plus grand plaisir :

 

- "Haaaa j'adorerais visiter vos pays mais j'ai bien trop peur de quitter les Etats-Unis !

- Pourquoi ça ?

- Le TERRORISME ! Et pas que les musulmans, hein... C'est bien trop dangereux de sortir du pays quand on est Américain !

 

En nous déposant elle nous fait promettre de faire attention parce qu'on pourrait monter avec un tueur en série. Après elle, pas de tordu mais un monsieur de plus de 80 ans nous entretient de l'état de santé de son caniche diabétique et nous dépose à l'entrée de la ville.

 

A peine arrivés au supermarché coopératif, je retrouve l'atmosphère étrange et enjouée que j'avais appréciée deux ans plus tôt. La moyenne d'âge des habitants est élevée et toute demande de renseignement peut se transformer en une conversation de 30 minutes se concluant par une invitation à dîner. Pour le moment, on est bras ballants sur le parking avec l'adresse de Jacob en poche mais pas de plan, affamés, chargés de nos sacs, on aurait bien besoin d'aide. Ca tombe bien, un certain Indie se gare pile devant nous : "Heyyy ! Qu'est ce que je peux faire pour vous ?"

 

Et voilà comment sans rien demander à personne, on se retrouve en voiture et en direction de chez notre hôte Couchsurfing qui n'habitait pas si près de là. Aaaahhh, Port Townsend... Jacob est au boulot mais au moins on peut déposer nos affaires dans le jardin et repartir en ville déjeuner sur un petit morceau de plage. En stop bien sûr. Et qui oublie son téléphone portable sur la banquette arrière et s'en rend compte 10 minutes plus tard ? Hum. Mais comme on est à Port Townsend, petit patelin où tout arrive, le chauffeur vient interrompre notre pic-nic une heure plus tard en me tendant le téléphone alors qu'il nous avait déposés à un bon kilomètre de là.

 

Plus tard, Jacob nous propose sa bière maison, puis nous prépare des gauffres au petit déjeuner (au choix, miel des voisins, sirop préparé à base de bourgeons de sapin, confiture maison...). Il a aussi un moyen de locomotion pour nous : un tandem, youhouuu ! Enfin c'est du sérieux dans les montées et les descentes avec un poids double mais on rigole bien en chemin vers le 1012, petit café et épicentre de tous les potins locaux. L'expresso du matin durera presque trois heures. La propriétaire se souvient de moi quand je venais avec Rebecca deux ans plus tôt et tente de parler néerlandais avec Michiel. Dans une autre vie, soit 30 ans plus tôt, elle était chanteuse lyrique en Belgique.

 

Entre temps, une cliente du même âge s'est emparée de la guitare à 12 cordes accrochée au mur et a commencé à chanter. Elle était  à la soirée micro ouvert d'un restaurant-bar où on a écouté les ados et retraités de coin s'amuser avec leurs harmonicas, banjos et violons la veille. Quand on se décide enfin à partir, une autre cliente nous alpague et me raconte ses voyages en France et en Espagne dans les années 60 pendant que la propriétaire conseille à Michiel de se méfier des hippies en phase de ménopause. Ca se passe comme ça au 1012 ! Il faut en profiter maintenant puisqu'on repart ce soir. Jacob doit aller chercher sa femme à l'arrivée du ferry à Bainbridge vers 19h et nous dépose devant le bateau. Petite course pour embarquer à 10 secondes de la fermeture des portes. Seattle, nous voilà !

 

 

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article