30 juillet : Osoyoos à Vancouver. Le désert, la plage, les nouilles.
Osoyoos se situe dans la vallée de l'Okanagan. C'est officiellement un désert même si les maraîchers irriguent sans modération les cerisiers, pêchers, abricotiers et autres poivrons qui poussent dans toute la région. Qui dit vergers dit travailleurs saisonniers, dit autostoppeurs crasseux.
On a failli abandonner entre Castelgar et Osoyoos, en pleine chaleur et sans personne pour nous emmener mais au moment de redescendre en ville un couple s'est arrêté. VW polo chargée à bloc, un gros chien. Par miracle on a réussi à se compresser sur la banquette arrière pour à arriver rouges et liquéfiés à bon port. En chemin j'ai sorti un dépliant "Women and the Tribes" que Levah avait laissé le matin sur mon lit mais que je n'avais pas eu le temps de lire. Miranda la punkette et moi le lisons en nous étouffant. "La femme a été créée par Dieu pour soutenir et aider l'homme et pour rien d'autre. Seule, elle n'a pas la force de subsister, elle ne signifie rien" et autres merveilles...
Arrivés sur place, notre hôte Couchsurfing Gordon nous propose de planter la tente à la lisière de ses arbres puisque le salon est déjà occupé par 3 WWOOFers français avec qui il passe du bon temps après le travail. Deborah, cuisinière professionnelle et Laurent le presque-Marseillais nous concoctent un gratin de légumes à la béchamel, une ratatouille et une tarte aux abricots.
C'est donc une halte bienvenue mais bien qu'on se décide à partir tôt le lendemain matin vers Vancouver pour éviter de se retrouver sur le bord de la route à midi en plein soleil. Gordon nous emmène jusqu'à la sortie de la ville. Entre le climat, les bâtiments et les saisonniers, on se croirait en Californie du Sud, voire au Mexique.
Résultat : à midi, on est toujours coincés là, par 37°C sans un poil d'ombre. Personne ne s'arrête, apparement les saisonniers québécois ont mauvaise réputation. Tout stoppeur est soupçonné d'être québecois avant d'avoir fait preuve du contraire. Hum. Je marche jusqu'au point tourisme info à 200m de là pour me rafraîchir. Une affiche dans les toilettes stipule en anglais et en français qu'il est interdit de se laver ici mais qu'on peut trouver des douches publiques en villes près de la laverie. Vive la traduction automatique, en français ça donne "Les averses (showers) sont près la natte de blanchissement (laundromat)".
Michiel commence à cuire, s' enroule mon écharpe autour de la tête et finit par danser en tenant le panneau. Bingo, un camion s'arrête après plus de 2h30 d'attente ! Un vrai semi-remorque à l'ancienne avec une couchette et son chauffeur moustachu, son t-shirt avec un gros aigle chauve et ses tatouages dilués oar le soleil. Notre homme ne manque pas de conversation et nous divertit pendant les 4h de trajet jusqu'à Chilliwack.
A peine montés dans la cabine il nous prévient qu'il devra faire un détour par Hope pour déposer dans son congélateur un hibou mort qu'il transporte dans un carton. Il l'a rammassé le matin même sur la route et veut le faire empailler pour sa femme. Quand il l'appelle pour la prévenir et éventuellement lui demander de récupérer la bête pour éviter un gros détour, sa réponse est formelle : un hibou est un oiseau de mauvais présage, pas de ça dans la maison !
Tyrell s'arrête tout de même à une station service, achète un sac de glace et jette le hibou emballé dans un sac plastique dans sa glacière. Il pèse au moins 3 ou 4kg, est aussi grand que son avant-bras et a des serres de la taille détaler dans un fossé.
Enfin, à Chilliwack, on est pris rapidement et déposés devant la porte de chez Kathrin and Daniel, à l'est de Vancouver.
Les trois jours sur place filent et on se sent rincé par les longues heures de route, l'impression de toujours courrir et de devoir planifier la prochaine étape en permanence. On peut quand même se baigner pour la première fois à Wreck Beach, plage (nudiste) située au sud du giga campus de l'Université de Colombie Britannique. Là, on fait la rencontre de Tony qui nous accoste en bas du gigantesque escalier de bois. Il nous propose de l'accompagner le long d'un sentier qui longe la plage et remonte au campus un peu plus loin. Le jeune homme, natif de Vancouver, nous explique qu'il adooore ce sentier mais qu'il est réputé pour être un lieu de drague gay assez connu. Il lui est arrivé de l'emprunter nu comme un ver et il a bien senti que son innocente balade envoyait le mauvais message. Depuis, il marche toujours en groupe pour ne rien suggérer. On croise quelques types nus, tout juste équipés de chaussures de marche. Dans les buissons, des habitués ont aménagés des mini plages privées entre quelques troncs de bois flottés et avec vue sur l'eau. . En tout cas c'est un bon plan pour nous puisqu'il nous propose de nous déposer quelque part en ville si nécessaire. Sur ses conseils, on se retrouve donc à la porte d'un restaurant chinois spécialisé en nouilles maison "étirées à la main". Hmmmmmmm.
A la maison, Daniel et Kathrin sont certainement plus "organisés" que nous ou n'importe qui d'autre. Chaque objet a sa place, chaque cenitmètre carré de la maison est régi par un certain nombre de règles qui finissent par nous irriter. Daniel ne cesse de tout ranger et nettoyer après moi alors que je n'ai pas terminé ce que je suis en train de faire. Par exemple il range les épices plusieurs fois pendant que je cuisine et que je rectifie l'assaissonement régulièrement. Heureusement, un couple d'Allemands est hébergé en même temps que nous et ça réduit un peu la tension. Rien de sérieux mais on se sent vraiment bien dans le bus en direction du terminal de ferry pour embarquer pour l'île de Vancouver.
PS : cliquer *ici* pour le résumé de notre itinnéraire depuis Calgary.